" OZANO " peintre graveur contemporain  " Les Carrés d'Oz "

La Liberté

La liberté peut-elle être prescrite ?
Tout ce passe comme si on achoppait sur une difficulté de fond, une concentration d'exigences contradictoires. On constate chez la plupart des créateurs la volonté d'une réinscription dans le sensible, le vécu, le temps de la peinture, le corps ou la matière. Un inéluctable virage de l'humanité doit s'accomplir pour que survive la création, il ne peut être négocié avec les seuls outils scientifiques, technologiques ou administratifs aussi intelligents et sophistiqués soient-ils. 
L'art est la clef de l'avenir.
L'art vecteur de sens de plaisir et d'amour, compagnon de toutes les spiritualités, est une planche de salut pour la sociéte du futur. La mystérieuse substance interne de l'art échappe à l'analyse sociologique, mais n'échappe pas à ce qui ce produit à cause d'elle.  L'artiste traduit déjà cette évidence. 
  


Au-delà des modes, des chapelles et des écoles ...

Résolument ancré dans le temps et l'univers de la peinture contemporaine, Pierre Auzanneau témoigne discrètement de son respect pour les plus grands artistes des siècles passés, qu'ils soient peintres, graveurs ou sculpteurs.
Mais il se présente volontiers comme un " cultivateur de la peinture " dans son sens premier, c'est-à-dire " habiter ou cultiver " comme l'indique l'origine du terme " cultus ". Ce qui signifie qu'il n'est pas homme du " n'importe quoi " et du " n'importe comment " auxquels cède parfois aujourd'hui la production artistique.
Au contraire, avec cette souplesse et cette maîtrise dans le travail que son expérience lui a permis d'acquérir, Pierre Auzanneau continue à cultiver le champ de ses toiles et creuser le sillon dans ses matrices avec patience et spiritualité. Il assemble avec soin les formes, les couleurs et les matières, jusqu'à ce qu'éclose en son oeuvre peinte ou gravée l'expression précise de ses pensées.

                                                                                                                          Christian Goubet


Le monde étrange du magicien d'Oz ...

Les personnages humano-animaliers d'Auzanneau, viennent-ils du monde étrange du magicien d'Oz,
bien au-delà de l'arc-en-ciel ?
Petits êtres raboteux, aux corps de guingois, encore en gestation peut-être, puisqu'il leur manque ici les bras, là les mains et qu'ils semblent tituber... Et puis, encore à l'âge des incertitudes, mal définis en tout cas, semblant hésiter, telle la chrysalide, à devenir papillon, à ressembler tout à fait à des humanoïdes.
Optant plutôt pour de bizarres animaux proches des jouets enfantins : nounours aux grands yeux écarquillés, fourmis aux antennes atteintes de folie spatiale, volatiles à quatre pattes la mèche en baguenaude
cachant la moitié du visage, etc... Le tout dans de belles ocres brunes sensuelles, s'enfonçant dans des rouges sombres ou des bleus glauques de fonds marins, piqueté d'infimes pointillés, guilloché de petites lignes brisées ou onduleuses, générant des compositions précieuses comme des niellures d'orfèvrerie, pour le plaisir renouvelé du spectateur qui devant cet univers onirique, retrouve son âme d'enfant, repart les yeux pleins de rêves et au coeur une pointe de nostalgie.

                                                                                                                            Jeanine Rivais